John Perkin_Centring Down_2000


En 2009, Ben Pink Dandelion publie Celebrating the Quaker Way, petit livre cherchant à capturer l’essence de la « voie quaker ». Succès immédiat, il a été traduit dans de nombreuses langues. Nous vous en proposons ici une traduction inédite en français, réalisée par nos soins. Quelques pages à la fois, à la manière d’un feuilleton : l’occasion d’en savourer chaque passage et, comme toujours, de venir en discuter sur notre page Facebook. Bonne lecture !


[Lire depuis le début]

Ce sentiment d’être toujours « en devenir » résulte simplement de l’invitation de Dieu dans nos vies. Nous ne sommes pas quakers parce que nous sommes bons, mais au contraire parce que nous ne le sommes pas. Dieu nous aime malgré nous, et c’est en raison de ce que nous sommes que nous lui répondons. Et au cours de notre cheminement de foi, nous devenons plus. Plus congruents.

Et, comme nous l’apprennent les enseignements de Jésus, l’inquiétude n’ajoute pas un moment à notre vie, pas une mesure à notre parcours. L’inquiétude est le contraire de la foi. Elle se focalise sur les détails, elle se construit sur des idées, et elle ne laisse aucune place au spectaculaire, à ce qui n’est pas encore connu, au foyer d’espérance de Romains 8. Nul ne sait où la foi nous emmène, mais la destination importe peu ; ce qui compte, c’est que nous soyons guidés et que nous suivions avec confiance. Dieu nous conduit là où il le faut et « le tableau général émergera le moment venu », aperçu ou reflet de la république des cieux. L’inquiétude prend de l’énergie et du temps qu’il est bien plus utile de dépenser à faire fructifier notre discipline, à témoigner de la grâce de Dieu qui agit dans nos vies et nous appelle à venir en aide à autrui et à faire advenir la justice et la paix dans le monde.

Les quakers « célèbrent la vie, la vie telle qu’elle peut être pour tous ». Nous avons « un mode de vie, et non une religion », et nous « devons être prêts à le vivre, à le garder à l’esprit en permanence ». Il y a tant à célébrer : « la sincérité, l’engagement de tous », « le respect envers les enfants », « [nos] témoignages, les attentes et les valeurs qui les accompagnent, le silence, les assemblées, le recueillement, la ligne directe avec Dieu, le fait que les questions soient acceptées, encouragées ». Nous faisons partie d’une tradition qui a toujours travaillé en faveur de plus de justice dans le monde et nous avons eu, parfois, de formidables moments d’intuition et d’action collectives qui nous encouragent, aujourd’hui encore, à agir pour changer le monde. Et agir est simple.

« Notre assemblée avait été sollicitée pour contribuer à une action avec des enfants à Madagascar, et nous poussions des oh et des ah en nous demandant si nous devions leur envoyer de l’argent et combien, quand Gabriel, 7 ans, prit la parole pour un ministère. Il suggéra que les enfants de l’assemblée fabriquent des biscuits et les vendent pour aider à envoyer de l’argent aux enfants. C’est aujourd’hui devenu une activité régulière, une partie de la vie de notre assemblée dirigée par les plus jeunes. »

Aujourd’hui, notre témoignage met l’accent sur la justice, par le biais de la simplicité et de la modération, de la paix, de l’intégrité, du soin apporté à la création et du développement de la communauté. Témoigner, c’est s’exprimer. Les quakers ne sont pas « pour la paix » ; ils savent, au sens le plus profond du terme, que dans une société juste, la paix est un impératif sacré. Quand nous préférons la paix ou faisons campagne pour elle, ce n’est jamais de manière déconnectée d’une foule d’autres sujets ; nous sommes au contraire imprégnés des desseins plein d’amour de Dieu dans leur simplicité et leur totalité. Nous habitons notre témoignage. Il est à la fois élémentaire et d’une portée infiniment grande. Il est simple, mais total. Son enjeu, comme cela a toujours été le cas chez les quakers, n’est rien de moins que de révolutionner le monde. Nous n’oublions jamais ceci : nous ne pouvons pas rester assis là, dans nos assemblées, sans prendre à bras le corps le monde et les valeurs qui résident au-delà et dans notre expérience de Dieu.

En dernière instance, il ne s’agit pas de mots, mais d’expérience. Notre témoignage, c’est ce que nous faisons en raison de notre expérience de Dieu, et non pas ce que nous disons. Témoigner, ce n’est pas croire, mais agir. Témoignage et foi ne font qu’un, ils sont inséparables. Le témoignage, ce n’est rien d’autre que la foi en action. C’est l’intégralité de nos vies aussi bien que ces choses que nous faisons ensemble en tant que quakers. C’est merveilleusement simple, et simplement merveilleux.

Nous sommes quakers.

Réflexion et discussion

Les questions qui suivent sont conçues pour vous aider à réfléchir sur votre propre expérience : à quoi accordez-vous de la valeur, et que célébrez-vous à propos du fait d’être quaker ?

On peut les utiliser pour une réflexion individuelle ou en petit groupe. Si vous vous retrouvez en groupe, mettez-vous d’accord sur quelques règles de base avant de commencer. Parmi les règles importantes : laisser à chacun l’occasion de s’exprimer, ne parler qu’en référence à sa propre expérience, et n’obliger personne à parler s’il/elle ne le souhaite pas.

Assurez-vous que le livre et les questions sont accessibles à tous, y compris ceux qui ne sont pas en mesure de les lire, soit en en vous procurant une version audio, soit en en lisant à haute voix des passages significatifs lors de vos rencontres.

Si le groupe est important, il est possible de passer un peu de temps en binômes, trinômes ou groupes de quatre personnes avant de retrouver le groupe entier.

Faites un choix entre un culte-partage [worship sharing] ou un groupe de discussion. Certains groupes préfèrent l’un, d’autres l’autre. Certains n’aiment pas la discipline du culte-partage quand ils fourmillent d’idées ; d’autre trouvent qu’il est difficile de contribuer à une discussion si l’on ne leur donne pas un espace spécifique pour le faire. Soyez attentifs aux besoins de chacun.

Questions pour réfléchir et célébrer

Que célébrez-vous à propos du fait d’être quaker ?

Quels sont les dons qui vous ont été offerts ? Quel est votre rôle propre dans votre communauté quaker ? Quel est votre ministère ? Comment se manifeste-t-il ?

Comment pouvons-nous, dans nos assemblées, développer l’ouverture à la magie et à la grâce de l’amour de Dieu ?

Quels rêves pouvons-nous discerner pour l’avenir ? Quelle est votre vision de l’avenir de la communauté quaker ? Quelle est pour vous la prochaine étape pour faire advenir cette vision ?

Quelle est votre expérience du discernement ? Qu’est-ce qui vous fait passer de la préoccupation à l’action ? En quel sens votre vie est-elle une vie « en devenir » ?

Comment pouvons-nous vivre notre quakerisme plus ouvertement ? Comment pouvons-nous réaliser « le royaume » dans nos vies ? Avec les autres ? Dans nos assemblées ? Dans la communauté au sens large ?


Ben Pink Dandelion est responsable de programme au Centre de recherche en études quakers de Woodbrooke, professeur associé à l’université de Birmingham et chercheur associé à l’université de Lancaster.


L’Assemblée annuelle de la Société religieuse des Amis (Quakers) en Grande-Bretagne a accordé l’autorisation de traduire Celebrating the Quaker Way en français. Initialement publié en 2009 par Quaker Books. © Ben Pink Dandelion, 2009. Traduction française CC-BY-NC-ND Groupe quaker de Nantes, 2018.

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