Defence Security and Equipment International (DSEI) expo in 2015 © Jess Hurd. Credit is required.


Il y a environ un an, Chris Venables encourageait les quakers britanniques à faire confiance aux 18-35 ans, les fameux « millenials », et partageait quelques idées pour mieux les intégrer à notre communauté. Et chez vous, comment cela se passe-t-il ?


Dans un passionnant billet de blog pour OnBeing, Elizabeth Welliver, éducatrice interconfessionnelle, affirme que « la croyance religieuse n’est pas un réquisit pour entrer dans les espaces sacrés des millenials ». Cela fait écho aux conclusions d’un rapport publié aux États-Unis sur la manière dont les « jeunes adultes » bâtissent, aux confins des communautés confessionnelles, des communautés autour de l’art, de l’entrepreneuriat et de l’enseignement. Comme le notent les auteurs de How We Gather (PDF) : « Les millenials sont moins attachés que jamais à la religion. Les églises sont une des nombreuses institutions victimes de l’ère internet, dans laquelle les jeunes sont à la fois plus connectés (au monde) et plus isolés (localement) que jamais. »

Les jeunes font face à de nombreux défis. Les perspectives économiques de ma génération (celle des moins de 34 ans) ont connu leur plus forte baisse depuis des générations, tandis que les politiques néolibérales du gouvernement actuel frappent durement les jeunes. Prévalence du travail précaire, à temps partiel, dans une économie du travail à la tâche, effondrement de l’accès à la propriété, sous-financement chronique de l’éducation, frais de scolarité toujours plus élevés, essor de la crise climatique : les jeunes d’aujourd’hui partent avec un handicap sévère, et ils le savent.

La nature de la religion a changé. Les jeunes qui s’engagent dans notre communauté quaker sont toujours moins nombreux, en partie parce que l’insécurité économique se fait plus pressante. Et peut-être aussi, de manière plus importante, parce que les « jeunes adultes » n’ont pas de temps à consacrer à des institutions qui leur paraissent obscures et dénuées de pertinence, et qui n’ont pas su prendre en compte les réalités de la vie de la vaste majorité d’entre nous.

Pourquoi les millennials sont-ils donc intéressés par le quakerisme ?

Le quakerisme est caractérisé par son ouverture à tous les enseignements spirituels, quelles que soient leurs sources. En ce sens, il a beaucoup à offrir aux millenials dans le paysage religieux d’aujourd’hui. Notre foi est radicale et pleine d’espoir, et elle est riche de 360 années de sagesse, d’histoire et de ressources.

Dans le plus pur esprit de notre tradition, nous avons vu de jeunes adultes quakers organiser, expérimenter et repousser les limites. De nouvelles formes de communauté et de recueillement ont émergé, souvent fondées autour de repas, de temps de recueillement, d’apprentissage, et d’activités partagées. À Nottingham et à Westminster, on trouve des communautés quakers façonnées par les jeunes adultes, avec des horaires décalés, des lieux de rendez-vous informels, et une culture qui leur est accessible.

Il ne s’agit d’ailleurs pas seulement de lieux physiques. La page Facebook du Young Friends General Meeting offre une communauté en ligne qui permet de prolonger les rencontres — dynamiques — de la vie réelle. Le podcast Young Quaker Podcast offre aux auditeurs des récits riches d’un point de vue spirituel. Son épisode spécial entièrement silencieux avait pour but « d’apporter aux autres, à la maison, un peu de cette paix que l’on trouve lors des réunions de recueillement » ; il a suscité l’intérêt des médias : se sont ensuivis interviews, partages sur les réseaux sociaux, articles de presse, et même une mention à la télévision aux heures de grande écoute.

Les jeunes adultes quakers n’ont plus peurs de partager leur foi avec le monde. Ils n’ont pas non plus peur de poser des questions difficiles à leur assemblée annuelle. À l’assemblée annuelle [britannique] de 2017, les jeunes adultes ont donné un élan décisif à la question de l’engagement en faveur de la diversité et de l’inclusion en partageant leur passion et leurs préoccupations pour l’avenir de leur communauté. Cet engagement, la minute 38, n’est que le début de la conversation. Ce qui suivra désormais façonnera l’avenir des quakers et nous permettra de devenir la communauté inclusive que nous voulons être.

Au premier plan de ces conversations, il y a les billets de blog passionnants d’Emily Provance, quaker américaine, sur la possibilité d’un « renversement culturel » au sein du quakerisme à travers le monde. Alors, que pouvons-nous apprendre de ces prétendus millennials ? Pourraient-ils nous aider à revitaliser notre « communauté vieillissante et déclinante » (PDF) ? Au cours des deux dernières années, une mini-explosion de jeunes quakers a expérimenté de nouvelles façons de s’engager dans sa foi.

Trois manière d’expérimenter avec notre approche de la foi

1. Respectez le pouvoir du numérique et des réseaux sociaux

Si l’on veut entendre parler des jeunes, allons là où ils sont ! N’ayons pas peur d’utiliser des plateformes comme Twitter, Facebook et Instagram. Des assemblées quakers de toute la Grande-Bretagne se joignent à des conversations en ligne, alors lancez-vous ! Amusez-vous à utiliser des médias visuels pour exprimer ce que vous ressentez sur des sujets divers : il y a tout un lexique de GIF, de mèmes et d’émojis avec lesquels expérimenter. Demandez à des quakers plus jeunes de vous expliquer comment gérer les pages de votre assemblée sur les réseaux sociaux. Ils sauront probablement vous conseiller pour en tirer parti au maximum, et vous donner toutes les informations qu’on ne retrouve pas à la une des journaux.

2. Soyez confiants et pleins d’espoir dans vos nominations

Les procédures de nos comités, aux niveaux local et national, sont devenues lourdes, lentes et bureaucratiques. En conséquence, nos comités sont souvent ennuyeux. Pourtant, les jeunes quakers ne manquent pas, et ils souhaitent mettre leurs compétences, leur passion et leur énergie au service de leur mouvement. Peut-être devrions-nous changer nos méthodes de nomination, par exemple en nous demandant qui participe réellement à nos réunions… Nous pourrions aussi, tout simplement, supprimer tous les rôles prédéfinis et repartir de zéro ! Pourquoi pas ?

3. Bouleversez votre manière de vous recueillir

Les jeunes adultes construisent leurs communautés autour de valeurs profondément ancrées, d’un sentiment d’appartenance et d’un désir de transformation personnelle. Le rapport How we gather (PDF) montre bien qu’il n’y a pas qu’une seule manière de le faire. Pour nous, le culte du dimanche matin est une tradition, mais les quakers ont toujours bouleversé les traditions — pensons à George Fox à l’église, se levant et défiant le prêtre. Et puis, est-ce très radical de de détourner du modèle du culte du dimanche matin ? Pas pour les nombreux jeunes Amis qui se rencontrent désormais le mercredi, faisant une nouvelle place dans leurs vies pour le recueillement.

L’écrivaine et militante Naomi Klein l’affirme : « Pour tout changer, nous avons besoin de tout le monde. » Pour avancer, nous devons accepter de remettre en question les anciennes méthodes de travail, et à adopter une sagesse nouvelle, pleine d’énergie et d’espoir. Nous avons besoin d’une culture qui dise oui.

Quel pourrait être le premier petit pas dans votre communauté quaker ? Dites-nous comment vous vous en sortez — nous aimerions le savoir ! Nous sommes là pour vous aider dans votre parcours.


Chris Venables a travaillé pendant un an pour Quakers in Britain, où il soutenait les initiatives des jeunes adultes au sein de la communauté quaker

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